Chroniques Idées fausses
Avr 14 2013
idees_fausses.jpgLes microstocks sont présentés comme les ennemis mortels des photographes professionnels. Autant je suis en plein accord avec la défense des droits des photographes face au vol de photos, à l’infâme mention DR, au problème des oeuvres orphelines ou aux concours pièges à gogos, autant rien de ce que j’ai pu lire sur les microstocks depuis des années n’a réussi à me convaincre que leur existence menaçait la profession dans son ensemble. Je me suis replongé ces jours-ci dans les divers écrits de l’UPP (Union des Photographes Professionnels/auteurs) et de plusieurs photographes et auteurs pertinents, comme Cédric Girard. Si j'ai bien compris les problèmes que posent les microstocks, notamment de type juridique avec la notion de "libre de droits", l'ampleur du danger qu'ils représentent pour la profession continue de m'échapper. J’ai donc décidé de participer au débat en proposant mon analyse. Comme j’imagine qu’elle doit être au moins partiellement erronée vu l'apparente unanimité contre les microstocks, j’espère que de la discussion jaillira la lumière.

Fév 13 2013
idees_fausses.jpg Le Web a ouvert un formidable espace d'expression dans lequel la liberté est totale, pour peu bien sûr qu'elle respecte les lois en vigueur dans le pays de résidence de l'intervenant. L'aspect mondial du réseau complique un tantinet l'affaire, mais là n'est pas mon propos. Cette expression libre peut prendre plusieurs formes. L'internaute peut créer un espace personnel (site, blog, etc.) dont il est propriétaire et responsable. Il peut également prendre part à des débats organisés dans des lieux prévus à cet effet, les forums de discussion, ou dans les zones de commentaires à la suite d'articles publiés sur des sites ne lui appartenant pas. Dans ces deux cas, l'expression est régulée par le propriétaire des lieux ou par un modérateur. Ladite modération est souvent très légère, voire absente si l'on s'aventure par exemple à lire les commentaires de certaines vidéos sur YouTube. Ce n'est toutefois pas non plus cela qui fait l'objet de cet article, mais une autre forme d'expression : l'avis des consommateurs sur les sites marchands. Quel rapport avec la photo, me direz-vous. Lisez la suite pour le savoir...

Jan 4 2013
idees_fausses.jpgFree vient de mettre une fois de plus le feu à un baril de poudre, mais ce n'est pour une fois pas forcément une bonne nouvelle. En décidant de bloquer les flux des régies publicitaires, c'est le modèle économique de bien des sites web que menace le fournisseur d'accès. Passons sur le fait que ce blocage semble être partiel et concerner en premier lieu l'univers Google, car là n'est pas mon propos. Passons également sur la possibilité de désactiver ce blocage : l'opération est assez complexe pour un non technophile et j'imagine mal les internautes se ruer sur l'interface de gestion de leur Freebox pour le seul plaisir de retrouver des bandeaux publicitaires sur leurs sites favoris...
Cette décision de Free, si elle se confirme et fait boule de neige chez les autres FAI, met en danger la plupart des sites web professionnels qui devront diversifier leurs sources de revenus afin de ne plus dépendre de façon trop étroite, donc trop aléatoire, de la publicité. Cela pose d'une façon plus générale la question de la gratuité sur le web, mythe qui a fait des dégâts considérables dans les esprits et s'est étendu à des produits périphériques comme les biens culturels ou les logiciels. Je ne vous propose ici que quelques pistes de réflexion tant la question est complexe et protéiforme. N'hésitez pas à prolonger le débat en commentaires.

Nov 16 2012
idees_fausses.jpgDepuis quelques mois, on voit fleurir sur le web des alertes de “bons plans” pour du matériel vendu via la plate-forme PriceMinister. Celle-ci a également été intégrée à plusieurs moteurs de recherche de prix, dont certains très connus. Je n’ai, à titre personnel, rien contre PriceMinister qui est un MarketPlace comme tant d’autres et qui est même l'un des rares à proposer une modalité de règlement sécurisante pour l'acheteur.
Cependant, après avoir examiné nombre de ces “bons plans” qui, de fait, semblaient très intéressants, il s’est avéré que la marchandise provenait de Hong Kong via la Grande-Bretagne, ce qui pose problème.
Il n’est pas interdit d’acheter du matériel hors Union Européenne, mais il faut le faire en pleine conscience des conditions générales de vente et de garantie, du problème des droits de douane et des risques qu'un tel achat comporte. Comme tout cela est souvent dissimulé, voire totalement tu, dans les annonces, je vous propose d'examiner de plus près ces prétendus "bons plans".

Oct 22 2012
idees_fausses.jpgLa place que tiennent les logiciels d'Adobe dans les médias spécialisés, qu'il s'agisse des magazines papier ou des sites web à forte audience, fait régulièrement l'objet de discussions houleuses. La dernière en date s'est déroulée sur le site du Monde de la Photo à la suite de l'annonce du nouveau magazine WorkFlow. Après un premier snipe à 3h du matin, un tir groupé de 10 réponses a crépité entre 5h46 et 9h01 pour "approuver à 100%" le commentaire initial sur l'air de "Marre de Photoshop, parlez de Gimp !". Ce genre d'attaques concertées est un classique chez les tenants des logiciels libres. Je pense qu'elles sont largement contre-productives, surtout quand sont avancés des arguments qui affirment qu'en privilégiant Photoshop, on se rend complice des pirates qui crackent le logiciel. Si le ridicule ne tue plus, il nuit passablement à la cause que l'on prétend défendre.
Cela étant, la question mérite d'être posée : les logiciels d'Adobe ont-ils une prégnance trop importante dans les médias spécialisés français ? On se limitera ici aux logiciels qui concernent de près ou de loin la photographie, c'est-à-dire Photoshop et Lightroom.

Aoû 15 2012
idees_fausses.jpgRien de tel qu'un article traitant de près ou de loin de l'alternative "PC ou Mac" pour se faire plein d'ennemis à coup sûr. C'est pour moi un grand mystère, car je travaille indifféremment sur les deux systèmes d'exploitation (et même les trois si j'ajoute Linux/Unix que j'utilise au boulot) en les considérant pour ce qu'ils sont : des plateformes logicielles dont l'objectif principal est de gérer des fichiers et de faire tourner des logiciels. À quoi un OS sert-il d'essentiel à part cela ? Quelle différence une fois que Lightroom, Firefox ou VLC a été lancé sur Mac OS X ou Windows 7 ?
Je crois connaître assez bien ces systèmes d'exploitation, ce qui n'est peut-être pas le cas des internautes qui donnent du "windaube" et autres amabilités dépréciatives de l'OS de Microsoft. Parmi les poncifs qui reviennent souvent figure en bonne place l'idée que les photographes "sérieux" choisissent un Mac (idée corroborée par quelques photographes/auteurs anglo-saxons très médiatiques).
Dans cet article, je vais explorer ce sujet, en restant sur le seul plan de l'intérêt pour la photographie. Il existe bien sûr de nombreuses autres raisons de choisir l'un ou l'autre OS, mais elles sont ici hors sujet, ce qui devrait nous maintenir en marge de la stérile guéguerre Mac vs. PC.

Mai 28 2012
idees_fausses.jpgCette chronique est un prolongement de celle sur le format RAW et le rendu par défaut des logiciels. J'avais alors exploré les raisons des écarts de rendu entre les différents logiciels de développement, en rappelant (avec insistance) que développer un Raw relève de l'interprétation. Beaucoup d'amateurs croient encore que le Jpeg possède un statut différent, qu'il représente la vérité issue de la prise de vue et que s'en écarter, c'est quelque part tricher.
Pourtant, ce Jpeg n'est que l'interprétation du Raw proposée par le processeur d'images intégré au boîtier. Elle n'a objectivement pas plus de valeur qu'une autre et n'a plus l'avantage exclusif de donner aux photos la "personnalité" voulue par le constructeur puisque plusieurs logiciels de développement sont désormais capables de faire de même.
Le milieu professionnel n'est pas en reste dans le mauvais discernement entre le Raw, le Jpeg et la "vérité". L'année 2010 aura été celle du "haro sur la retouche". Projet de loi contre la retouche corporelle dans la publicité, concours photo qui éliminent des candidats pour cause d'écarts entre l'image proposée et le fichier brut, néologisme Photoshoper soudainement frappé d'infamie...
Tout cela pose la question complexe de la définition de la retouche, avec son corollaire : retoucher, est-ce tricher ? Sans prétendre épuiser un sujet aussi complexe, voici quelques pistes de réflexion et de compréhension. Le débat peut se poursuivre dans la zone des commentaires, tous les points de vue y étant les bienvenus.

Avr 21 2012
idees_fausses.jpgCe nouvel opus de la série "idées fausses" va peut-être se heurter à une lourde incompréhension tant ce que je considère comme une tarte à la crème est ancré dans les habitudes des photographes. Mais à l'heure où les capteurs 36 Mpx arrivent et où des modèles 24 Mpx sont embarqués dans des boîtiers d'entrée de gamme, le pire est à craindre et une mise en garde s'impose. L'arrivée des Nikon D800 et D3200 a déjà été accueillie par des salves de poncifs sur les objectifs qui ne vont plus suffire, les pixels inutiles, le bruit qui va exploser et autres calamités supposées dont j'ai déjà parlé dans cette chronique (je vous invite à lire les opus précédents).
Lorsqu'un nouveau boîtier arrive sur le marché, c'est l'ébullition et tout le monde attend avec fébrilité les tests des journalistes professionnels et des happy few qui ont eu la chance de disposer du précieux un peu avant sa diffusion en masse. Ces tests ont trois composantes : la prise en main, les mesures en labo et les photos exemple dites de la "vraie vie", ou encore "samples" pour reprendre le terme anglais consacré (que l'on peut traduire par "échantillon").
Les tests sérieux en labo sont l'apanage d'une poignée de sites web et de magazines spécialisés, et prennent un certain temps à être réalisés. Pour faire patienter les photographes, des clichés leur sont livrés en pâture, la plupart du temps des Jpeg, plus rarement des Raw. En général, ce sont des photos sans grand intérêt dont on ignore les circonstances précises de prise de vue. Que peut bien apporter comme information une image prise au coin de la rue ? C'est à cette question qu'essaie de répondre cet article.

Déc 30 2011
idees_fausses.jpgEn 2010 et surtout 2011, la photographie numérique a été fortement chamboulée par l'intrusion de deux nouveaux types d'appareils sur un marché structuré depuis des décennies autour des compacts et des reflex. Là où les bridges, apparus rapidement lors de l'avènement du numérique, n'ont pu se faire qu'une petite place au soleil, l'arrivée massive des smartphones et des compacts hybrides a de bonnes chances de modifier fortement la donne dans les années à venir.
Depuis quelques mois, la photo au smartphone fait le buzz sur le net et parfois même dans les magazines spécialisés, un journaliste s'étant récemment hasardé dans un éditorial à prédire qu'à terme, il ne restera plus que les smartphones et les reflex. Il ne se passe pas une semaine sans qu'on soit assailli de chiffres sur le nombre d'images prises avec un iPhone et publiées sur certaines galeries en ligne. Le phénomène est indéniable, au point qu'une dénomination lui a été donnée : la phonéographie.
Comme le titre de cet article le suggère, la photographie au smartphone est de mon point de vue un phénomène marginal, non en termes de quantité d'utilisateurs ou d'images, mais d'impact sur le marché traditionnel de la photo, comme a pu l'être le Polaroid. À la différence importante que la diffusion des smartphones est considérable quand celle du Polarod était bien plus confidentielle.
Pour tenter une prospective sur le devenir du marché de la photo et sur la place que pourrait prendre les smartphones, il me semble important d'interroger les usages et les motivations des photographes. Comme il est bien délicat de catégoriser les usages tant ils sont nombreux et peuvent se cumuler, je vais prendre le problème à l'envers et les examiner au travers du potentiel des différents types de matériel actuellement disponibles. Si je donne dans cet article ma vision des choses, lisez-le d'abord comme une invitation au débat.

Déc 8 2011
idees_fausses.jpgParmi les idées fausses qui circulent dans le petit monde de la photographie, il en est une dont la prégnance est indexée sur la densité de pixels des capteurs de nos appareils photo. Sur les forums et autres lieux de débat, combien de fois ai-je lu cette question angoissée : “Il a l’air bien, ce boîtier, mais j’ai peur que mes objectifs ne passent plus”.
Ce sujet a été plusieurs fois abordé en commentaires sur Alpha-numérique, l’un de nos lecteurs taquins s’étant même laissé aller à ironiser sur cette crainte que les objectifs “partent en autocombustion” face à un capteur à trop forte définition... ;-)
Il était sans doute temps de faire un article pour contribuer à l’extinction de cette inquiétude infondée. Nous allons élargir le propos à la notion de perception de la netteté, dont les fondements ont été progressivement rongés par le pixel peeping, cette auscultation maladive des images en zoom 100% qui aboutit trop souvent à des conclusions erronées.

Comme j’aime beaucoup les analogies, je vous en propose une pour initier le sujet. Imaginez que vous ayez un jour acheté une belle pompe à eau que vous avez plongée dans votre puits pour arroser votre jardin. Vous avez acheté un tuyau normal et vous êtes globalement satisfait de l'ensemble : le débit est suffisant pour un arrosage de bonne qualité. Et puis un beau jour, dans un magasin de bricolage, vous trouvez le tuyau de vos rêves, avec GPS (Gicleur à Propulsion Synchrone) et HDR (Haut Débit Régulé), mais dont la section est deux fois plus grande que celle de votre tuyau actuel. Vous vous demandez alors si votre pompe serait capable d'alimenter un si gros tuyau, mais vous vous dites qu'au pire, le débit sera identique. De fait, vous n'avez gagné que quelques pour cent de débit parce que votre pompe n'est pas assez puissante, mais comme vous n'aviez pas vraiment besoin de plus, il n'est pas utile de changer la pompe et tout va pour le mieux...

Oct 19 2011
idees_fausses.jpgCombien de fois ai-je pu lire ou entendre cette affirmation, répétée à l’envi dans tous les lieux de discussion comme s’il s’agissait d’une vérité révélée. On l’entendait déjà en 2006 quand la norme est passée de 6 Mpx à 10 Mpx pour les capteurs à format APS-C. Les râles se sont vigoureusement amplifiés quand Canon a équipé ses boîtiers reflex APS-C d’un capteur 18 Mpx. Désormais, c’est de 24 Mpx qu’il s’agit, sur les boîtiers Sony Alpha dans un premier temps, mais ce capteur équipera à n’en pas douter les prochains boîtiers haut de gamme de Nikon et de Pentax (comme c'est aujourd’hui le cas avec le CMOS Sony 16 Mpx).

L'augmentation du nombre de pixels est-elle réellement une catastrophe ? La réalité est beaucoup plus nuancée, car elle dépend fortement de la pratique photo et du support de destination des images. Je ne vais donc pas pourfendre cette antienne qui n'est qu'à demi fausse, mais tenter d'éclairer ce débat afin que chacun puisse fonder sa conviction. Cet article et les discussions qui s'ensuivront dans la zone des commentaires me serviront d'appui pour le prochain article de cette série, qui concernera cette fois une véritable idée fausse :  le mythe des objectifs qui ne "passent pas" sur un capteur à forte définition. Pour le moment, examinons de plus près cette fameuse "course aux pixels".

Sep 14 2011
idees_fausses.jpgAttendez-vous à des propos très politiquement (et logiciellement) incorrects aujourd’hui, car deux gouttes d’eau viennent de faire déborder le vase de ma patience (qui, je le reconnais, est à faible contenant pour ce qui concerne le Raw). Deux copains photographes m’ont annoncé envisager sérieusement d’abandonner le format Raw parce que c’est “galère” et qu'ils ont finalement du mal à faire mieux que le Jpeg direct du boîtier. Quand je leur ai demandé quels logiciels ils utilisaient, j’ai très vite compris d’où venait le malaise : l’un avait choisi Picasa, l’autre le plugin UFRaw de Gimp. Quant à la raison de leur choix, j’ai eu droit à un magma informe de raisons plus ou moins scabreuses dont la vérité a fini par émerger : les logiciels choisis étaient gratuits...

Ce n’est pas la première fois que je suis confronté à des raisons de ce type, mais venant de photographes lourdement équipés de reflex experts et d’un parc optique significatif, les bras m’en sont tombés. Je me suis alors dit qu'il ne serait sans doute pas inutile de reposer quelques fondamentaux. Voici en substance, et plus calmement, ce que je leur ai dit...

Avr 5 2011
idees_fausses.jpg
Les notions de définition, de résolution et de taille d'une image sont plus délicates à comprendre qu'il n'y paraît. Elles sont parfois employées un peu au hasard, le contexte se chargeant d'éclaircir le propos. Cela ne pose qu'un problème sémantique sans importance lorsqu'il n'existe pas d'ambiguïté, mais lorsque ces notions ne sont pas parfaitement maîtrisées, cela peut entraîner des confusions et des erreurs méthodologiques importantes.

La seule caractéristique intrinsèque d’une image est sa définition, c’est-à-dire son nombre de pixels. Sa résolution n'est qu'un paramètre additionnel qui peut être modifié sans rééchantillonnage, donc sans impact sur sa définition. Malgré cela, on lit encore souvent que les images destinées à être visualisées sur un écran doivent être dotées de la fameuse résolution de 72 dpi (galerie web par exemple). Cette valeur, devenue une sorte de mythe, n'a pourtant guère de sens. Elle est tout au plus un vague souvenir des temps paléoinformatiques et n'est plus là que pour embrouiller les photographes. Il serait temps de la remiser au musée, ce que n'a d'ailleurs pas choisi de faire Photoshop qui l'inflige toujours aux utilisateurs ayant cliqué sur Enregistrer pour le Web...

Fév 2 2011
idees_fausses.jpgS’il est désormais entré dans les mœurs et dans les pratiques de beaucoup de photographes experts, le RAW reste souvent mystérieux pour les nouveaux acquéreurs d’appareils évolués qui prennent en charge ce format. Malgré l’amélioration considérable des logiciels de traitement des RAW ces dernières années, beaucoup d’idées fausses circulent encore sur ce format d’enregistrement. Nous allons nous attaquer aujourd’hui à la principale d’entre elles, qui est la cause de bien des incompréhensions face aux différences de rendus d’un logiciel à l’autre.
Alors que tous les logiciels affichent de manière identique les fichiers JPEG, pour peu qu’ils gèrent correctement les profils de couleur, ils en sont bien incapables s’agissant du RAW. La vérité est même qu’aucun rendu n’est identique, si on excepte le cas spécial de Lightroom et Camera Raw. Et pour peu qu’on ait shooté en RAW + JPEG, on constate que les rendus par défaut des RAW peuvent être très différents du JPEG produit par son boîtier…

Pour en comprendre les raisons, il faut au préalable éliminer la plus répandue des idées fausses en rappelant que le RAW n’est pas une image ! Quelle que soit la nature d’un fichier informatique (texte, son, image, etc.), il est toujours codé en langage binaire, et votre ordinateur doit le décoder afin que vous puissiez le lire, l’écouter ou le regarder. Un JPEG est dans ce cas : il ne nécessite rien d’autre qu’un décodage binaire pour être transformé en image visible. L’erreur est de croire que le RAW est juste un fichier codé de manière un peu plus complexe, que seuls quelques logiciels sont capables de décoder et d’afficher correctement...

Jan 12 2011
idees_fausses.jpgNous entamons une série de news brèves pour tenter de pourfendre certaines idées fausses que l'on croise fréquemment sur les forums (ou en commentaires d'Alphanum), et qui peuvent induire des actions ou des décisions erronées, parfois dommageables pour le photographe.

Le premier opus de cette série concerne le logiciel DxO Optics Pro, dont une spécificité forte est la correction automatique des défauts optiques pour les objectifs pris en charge. Une première erreur classique est de penser qu'il existe un module par objectif, alors qu'en réalité les modules corrrespondent à des couples boîtier/objectif. Un même objectif peut ainsi être supporté pour un boîtier et pas pour un autre. Pour savoir quels sont les modules disponibles pour un boîtier donné, allez sur la page du site DxO dédiée au matériel supporté, ou sur celle de téléchargement manuel des modules.
La communication de DxO Labs, longtemps axée sur les corrections optiques, a pu faire oublier qu'Optics Pro était d'abord un logiciel de développement de RAW. L'idée fausse la plus problématique est de croire que le logiciel n'est pas utilisable lorsque l'objectif utilisé ne bénéficie pas d'un module optique. C'est fort heureusement inexact : Optics Pro fonctionne très bien, de manière autonome, même sans télécharger le moindre module. Il est en revanche impératif que le boîtier soit pris en charge. A noter qu'en l'absence de module, vous avez tout de même accès à plusieurs corrections optiques, en mode manuel.
Il faut donc bien distinguer les deux fonctionnalités majeures d'Optics Pro : d'une part un remarquable logiciel de conversion de fichiers RAW, qui excelle aux hautes sensibilités, d'autre part une collection de modules de corrections optiques automatiques, plus ou moins vaste selon les marques et les boîtiers. Ces fonctionnalités sont complémentaires, mais si les modules ne sont pas utilisables sans le logiciel, l'inverse est parfaitement possible.

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Idées fausses

14 Avril 2013
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