Avr
11
2012
Ecrit par
Patrick Moll

L'
UPP (Union des Photographes Professionnels / Auteurs) vient de lancer une campagne de sensibilisation au sort peu enviable des photographes dont les clichés sont publiés sans leur consentement, sans rémunération et sans l'ombre d'un scrupule. La précédente campagne contre l'utilisation abusive de la mention "D.R." n'ayant visiblement pas suffi à alerter l'opinion publique, l'UPP a décidé de frapper fort en élaborant une affiche que certains jugeront d'un goût discutable, mais qui est une remarquable allégorie de la réalité vécue par de nombreux photographes.
En ces temps où le statut de l'image menace d'être emporté par les torrents de médiocrité issus des smartphones et au moment même où Facebook dépense un milliard de dollars pour racheter Instagram, ce type de campagne est salutaire. L'enjeu me semble autrement plus important que la dénonciation de ces concours qui spolient en toute légalité les photographes-gogos ayant choisi d'y participer. Le photographe, professionnel ou amateur, qui voit l'une de ses photos publiée sans son consentement n'a, lui, rien choisi du tout.
Vous trouverez ci-dessous le texte accompagnant l'affiche, ainsi que l'affiche elle-même en plus grand format.
« Chaque jour, le travail de photographes est utilisé sans leur consentement »
Chaque jour, des photographes travaillent et témoignent de la réalité à travers leur regard. Chaque jour des photographes risquent leur vie pour nous tenir informés.
Chaque jour, des photos sont publiées sur internet, dans des journaux, des livres, des publicités en y apportant de la valeur.
Mais le photographe continue d’être traité comme s’il ne produisait rien. Son travail n’a plus de valeur. Ce n’est pas qu’il soit mauvais ou que son travail ne vaille rien.
C’est beaucoup plus simple.
Chaque jour, ses photos sont utilisées par des milliers d’individus (presse, éditeurs, publicitaires, communicants) qui font comme s’ils les avaient trouvées par terre.
Avec cette image, nous voulons représenter la réalité économique violente, grossière et irrespectueuse que vivent les photographes.
UPP, le 5 avril 2012
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