Jui
4
2010
Ecrit par
Patrick Moll
Le
bruit numérique du JPEG direct, évalué dans le premier article de ce test des NEX, s'est avéré très rassurant sur la qualité du capteur et sur l'efficacité des algorithmes embarqués. Image Data Converter n'étant pas assez performant pour évaluer précisément le gain en RAW, nous attendrons les premières prises en charge par des éditeurs tiers.
Je vous propose dans ce deuxième opus du test complet une prise en main du NEX-5, qui se limitera aujourd'hui à son gabarit, à son ergonomie générale et à celle de ses menus. Les fonctionnalités photo et vidéo feront l'objet d'articles ultérieurs
Entrons donc dans l'univers des NEX. La spécificité de ces premiers compacts à objectifs interchangeables est d'être vraiment compacts, bien plus que les hybrides Olympus, les Panasonic ou les Samsung. On a beau le dire ou le lire, ce n'est que lorsqu'on se retrouve avec le boîtier en main que l'on se rend vraiment compte de sa compacité. Pour l'utilisateur de boîtiers reflex, même d'entrée de gamme, c'est vraiment un choc. Le NEX-5 équipé du "Pancake" 16mm tient au creux de la main et a le gabarit d'un gros compact. Avec le 18-55, il est un peu plus encombrant, mais l'objectif qui paraît énorme sur les photos est en réalité sensiblement plus petit que l'objectif de kit qui équipe les boîtiers reflex Alpha.
Examinons d'un peu plus près l'ergonomie de ces NEX.
Le gabarit des NEX
De nombreuses photos des NEX ont été publiées. Celle qui offre l'impression la plus juste de la compacité de l'objet est sans doute celle-ci :
Le Pancake est minuscule, et pourtant il dépasse en haut en en bas de l'épure du boîtier...
Pour tenter de vous faire percevoir en image le gabarit du NEX, j'ai pris quelques clichés du boîtier à côté de son grand frère Alpha 900, équipé du robuste Zeiss 16-35/2.8. Voici ce que cela donne :
Avec le 18-55, le NEX est moins compact mais on reste loin des reflex ou des bridges :
La fluidité de la bague de zoom du 18-55 est un régal, sans équivalent dans les optiques Alpha. C'est extrêmement précieux pour assurer une belle progressivité en utilisation vidéo. Nous en reparlerons dans l'article sur les fonctionnalités vidéo, mais sachez que le silence de l'AF est absolu, assurant une prise de son stéréo sans nuisance sonore.
L'ergonomie générale
La tenue en main est très agréable grâce à la poignée, réduite mais largement suffisante eu égard au faible poids de l'appareil. Elle est bien meilleure qu'avec un compact classique qui n'offre pas un telle possibilité de préhension.
Avec le Pancake, on peut utiliser le NEX d'une seule main sans problème car le déclencheur tombe bien sous l'index et trois doigts suffisent pour bien agripper l'appareil. Lorsqu'on utilise le 18-55, la prise à deux mains est plus naturelle, et même logique puisque cet objectif permet de zoomer.
Comme on le voit sur l'image ci-dessus, les commandes placées au-dessus du boîtier sont réduites au déclencheur, au bouton d'alimentation, à celui de lecture et à l'activation directe de la vidéo. On distingue également sur le capot supérieur le cache de la griffe porte-accessoires, qui sert notamment à visser le petit flash livré avec les NEX.
Il faut bien avouer que le système de fixation du flash ne risque pas de remporter le concours Lépine japonais, et on galère pas mal la première fois qu'on cherche à le fixer. L'accès à la vis est assez inconfortable mais, heureusement, après quelques vissages/dévissages, on en prend la mesure.
Ce flash externe est sans doute le prix à payer pour cette miniaturisation, mais il n'a pas que des inconvénients. Non seulement il offre un nombre guide convenable de 7, mais surtout il est situé plus loin de l'axe optique que s'il avait été intégré. Il générera en conséquence beaucoup moins de problèmes d'yeux rouges.
Terminons ce petit tour de l'ergonomie extérieure des NEX en évoquant le remarquable écran mobile, qui possède une résolution très élevée (VGA) et une luminosité sensiblement plus élevée que sur les boîtiers Alpha. Le mode "Temps ensoleillé" lui donne un coup de boost supplémentaire et le rend pleinement utilisable en extérieur, même en plein soleil.
L'écran est mobile sur un seul axe mais sur 135°, avec une quasi équerre en position haute. J'ai pris beaucoup de plaisir à cadrer avec l'écran complètement relevé, le NEX plaqué contre ma poitrine, comme s'il s'agissait d'un moyen format argentique. J'ai redécouvert au passage que la stabilité était bien meilleure ainsi qu'en visée optique, et il ne fait pas l'ombre d'un doute que je l'utiliserai de la sorte, avec les optiques en monture E ou avec des optiques Alpha.
Avec un écran mobile aussi qualitatif, l'absence d'un viseur optique intégré se fait beaucoup moins regretter, d'autant qu'il n'aurait été qu'un médiocre trou de souris comme on en trouve sur quelques compacts de ce gabarit.
L'ergonomie des commandes et les menus
L'interface arrière est pour le moins dépouillée : trois boutons dont l'un situé au centre d'une roue codeuse qui sert également de pavé de commande :
Avec une aussi petite surface hors écran, il était difficile d'en mettre beaucoup plus. Les amateurs habitués aux compacts ne seront pas dépaysés et l'ergonomie des commandes et des menus a été vraiment pensée pour favoriser un usage simple de l'appareil. Le mode Auto Intelligent est à cet égard remarquable d'efficacité.
Ce mode Auto Intelligent propose une passerelle vers un usage plus expert, avec un décalage de programme appelé "flou d'arrière plan" :
Cette fonction n'est autre qu'un réglage de l'ouverture, et donc de la profondeur de champ, notion qui est souvent méconnue par les utilisateurs de compacts habitués à photographier en hyperfocale quasi permanente du fait de la minuscule taille des capteurs de leurs APN.
Un appui sur la touche central dans ce mode Auto Intelligent fait donc apparaître un curseur qui permet de régler la profondeur de champ à l'aide de la roue codeuse :
Dans tous les autres modes de prise de vue, la touche centrale fait apparaître la molette de réglage :
Sans bouger le pouce, on tourne la roue codeuse pour choisir son mode de prise de vue, qu'on valide par un clic central toujours sans bouger le pouce. Au final, c'est plus rapide que de déplacer la main pour aller chercher et tourner la molette sur le capot de son reflex.
La vitesse et l'ouverture sont bien évidemment réglables directement à l'aide de la roue codeuse, la touche inférieure servant de va-et-vient entre vitesse et ouverture lorsque qu'on choisit le mode Manuel.
Parmi les réglages avancés directement accessibles, outre ceux déjà cités, on trouve le mode d'entraînement (vue par vue, rafale, etc.), la correction d'exposition et les réglage du flash. Pour y accéder, un clic à gauche, en bas ou à droite de la roue codeuse fait apparaître un menu dédié dans lequel on se déplace avec la roue codeuse, et on valide le choix par un appui sur la touche centrale, le tout sans décoller le pouce du boîtier. Voici un exemple pour la correction d'exposition :
J'ai fait un test de vitesse de réglage entre le NEX, l'Alpha 550 et l'Alpha 900. Malgré mon habitude des reflex, le NEX a toujours gagné grâce à l'économie de mouvement procurée par le système touche centrale / roue codeuse.
Contrairement à ce qu'ont écrit nos amis de Focus et des
Numériques, une bonne partie des réglages essentiels pour un usage avancé des NEX est en accès direct, et il n'est nul besoin d'aller les chercher au fond d'un quelconque menu. Sans doute ont-ils été perturbés par l'affectation différente de la touche centrale en mode Auto Intelligent.
Je ne partage donc pas la conclusion des Numériques "... il ne s'adresse absolument pas au photographe expert, qui sera immédiatement frustré du manque de réglages directement accessibles" et j'affirme au contraire que les NEX s'adressent à tous les publics, experts compris.
Etant donné la petite taille des boîtiers, les réglages ne sont cependant pas tous directement accessibles, et on aurait en particulier apprécié que ce soit le cas pour les ISO et la balance des blancs. Pour les atteindre, il faut donc entrer dans le menu en appuyant sur la touche supérieure.
La plupart des réglages "experts" sont heureusement regroupés dans le même menu, curieusement intitulé Luminosité/Couleur :
La mémorisation du dernier menu accédé permet en deux clics d'atteindre ces paramètres et de les ajuster avec la roue codeuse. Maigre consolation, mais après quelques jours d'utilisation intensive, je réglais ces paramètres presque sans regarder l'écran. On ne change heureusement pas toutes les 2 minutes le mode de mesure d'exposition ou de mise au point sur ce type de boîtier, pas vraiment destiné à shooter de l'oiseau en vol ou du bolide sur circuit...
La touche inférieure servant pour l'essentiel aux didactitiels destinés aux amateurs, on peut espérer pour un prochain firmware qu'elle puisse être paramétrée afin de lui affecter la fonctionnalité de notre choix, ISO ou balance des blancs par exemple.
Conclusion
Ma conclusion sera double car, si ce boîtier s'adresse en priorité aux utilisateurs de compacts désirant une grande qualité d'image sans s'encombrer d'un reflex, les utilisateurs avancés pourront également en faire un excellent usage.
Les utilisateurs de compacts ne seront en rien dépaysés car l'ergonomie est simple et les fonctions automatiques remarquablement bien paramétrées. Ils bénéficieront en prime d'un écran orientable de grande qualité et de JPEG directs d'excellent niveau, y compris à haut sensibilité. Nous verrons dans les prochains articles que les fonctionnalités photo et vidéo ne sont pas en reste. Ils seront en revanche peut-être surpris par le bruit de déclenchement dû à l'obturateur mécanique, inhabituel sur un boîtier au format aussi compact.
Au final, la principale inconnue pour les utilisateurs de compacts, habitués à disposer de zooms parfois puissants, est l'acceptation d'une simple focale fixe, ou d'un encombrement un peu plus important s'ils optent pour le 18-55.
Pour les experts, et en particulier les utilisateurs de reflex (Alpha ou autres), il faudra s'habituer à régler dans les menus quelques paramètres, mais les plus importants sont directement accessibles, comme on vient de le voir. Quant à l'absence de viseur, la qualité de l'écran orientable est telle que quasiment personne n'investira dans un viseur externe, j'en suis convaincu. La possibilité de relever l'écran et d'utiliser le NEX "à l'ancienne", plaqué contre sa poitrine et en toute discrétion, pourrait convaincre les derniers hésitants que l'absence d'une visée directe forcément médiocre est plus que compensée par cet écran mobile de grande qualité. Il ne s'agira alors plus qu'à affronter un changement d'habitude de prise de vue...
A titre personnel, je me suis régalé avec ce NEX-5 qui ressemble beaucoup à ce dont j'ai longtemps rêvé : un boîtier que je puisse avoir toujours sur moi, qui m'offre le format RAW et une haute qualité d'image. Pendant plusieurs jours, j'ai promené le NEX et son Pancake dans la poche de mon blouson, comme je le faisais avec le Canon G9 puis le Panasonic LX3.
Il ne manque à mon bonheur que quelques focale fixes supplémentaires, en particulier des équivalents 35 et 50 mm à grande ouverture qui viendraient compléter le Pancake 24mm. Je n'utiliserai le 18-55 probablement qu'en vidéo. J'espère aussi que la touche inférieure pourra être affectée différemment par un futur firmware.
S'il vous reste encore des doutes sur la réalité de sa compacité, allez tester le NEX en magasin. Il est déjà en démonstration dans certains Sony Center, et d'ici deux petites semaines dans la plupart des magasins spécialisés.
Prochain article : les fonctionnalités photo du NEX.
Sony NEX, test complet : #1 #2 #2.2 #3 #4 #5 #6
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