Avr
4
2009
Ecrit par
Patrick Moll
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Après les deux précédents articles qui ont montré qu'avec
DxO Optics pro les hautes sensibilités de l'Alpha 900 sont non seulement parfaitement utilisables, mais d'un niveau presque comparable à celui de ses concurrents directs, le Nikon D3x et le Canon 5DMkII. Le problème de bruit signalé lors des tests du boîtier à sa sortie s'est donc avéré être essentiellement d'origine logicielle, et DxO est parvenu à le résoudre.
Dans le
premier article, on a vu que DxO était largement meilleur que Lightroom/ACR et même qu'Image Data Converter (IDC). Il était logique que l'on pousse un peu plus loin l'investigation pour se demander si d'autres logiciels étaient en mesure de s'approcher du rendu DxO, ou du moins de faire sensiblement mieux qu'IDC.
J'ai donc choisi 9 logiciels avec lesquels j'ai produit le meilleur rendu possible à chaque sensibilité, en n'utilisant que les outils de traitement du bruit disponibles à l'intérieur du logiciel. L'objectif du test est avant tout d'évaluer la qualité du rendu aux hautes sensibilités, mais je l'ai étendu à toutes les sensibilités afin d'évaluer le niveau d'utilisabilité de chaque logiciel pour des tirages très grand format (A2 et plus). Disposer des références à 200 ISO permet également d'évaluer la qualité de la colorimétrie et de mesurer le niveau de désaturation des couleurs aux plus hautes sensibilités, effet secondaire hélas fréquent des modules de traitement de bruit.
Il ne s'agira pas ici de comparer les ergonomies et fonctionnalités des logiciels testés : je laisse cet exercice à Volker Gilbert qui le fera bien mieux que moi dans la troisième version de son "Développer ses fichiers raw", à paraître avant l'été. Tout au plus donnerai-je des indications de vitesse d'export car cela peut être un élément de choix déterminant selon la puissance de son matériel informatique.
Avertissements :
• Les images sont un peu lourdes car j'ai préféré ne pas les dégrader. Elles peuvent donc mettre un peu de temps à s'ouvrir quand on clique sur les boutons car elles ne sont pas préchargées.
• L'article a dû être découpé en plusieurs parties afin de conserver lisibilité et facilité de téléchargement en débit Internet limité.
• Certains développements de raws ont été refaits le 8 avril afin que les rendus en terme de contraste et de luminosité ne soient pas trop éloignés et que l'inter-comparaison visuelle soit plus aisée.
1) Méthodologie
J'ai repris les 6 raws d'Alpha 900 qui ont servi à réaliser le test DxO du
premier article. Avec chacun des logiciels, j'ai essayé d'obtenir le meilleur rendu possible en réglant au mieux les paramètres de traitement de bruit. Le niveau d'accentuation n'est toutefois pas parfaitement constant d'un logiciel à l'autre car une des contraintes de l'exercice est de n'utiliser que les modules de traitement de bruit intégrés aux logiciels, à l'exclusion des plugins ou des modules externes. Bibble est d'ailleurs un peu avantagé car il intègre noiseninja, qui est un des meilleurs logiciels de traitement du bruit.
J'ai débranché les autres traitements et n'ai modifié qu'à la marge des paramètres comme la luminosité ou le contraste qui n'ont pas de valeur a priori (le réglage boîtier n'est lisible que par IDC). Les différences de rendu parfois sensibles liées à ces paramètres rappellent, si besoin était, que le développement d'un raw n'est qu'une interprétation, et qu'aucun logiciel ne peut prétendre détenir la "vérité", pas même le logiciel embarqué dans le boîtier qui produit le jpeg direct.
Le choix de ne pas homogénéiser les paramètres d'interprétation est discutable, mais j'ai considéré qu'à partir du moment où cela ne nuisait pas trop au bon examen de la structure du bruit ou de la colorimétrie, il pouvait être intéressant de montrer ces écarts de rendu par défaut.
Comme dans les deux précédents articles, il ne s'agit ici que de "pixel peeping" comme le disent péjorativement les contempteurs de l'examen sur écran au niveau du pixel. Ils ont à la fois raison et tort de tenir cette méthode pour insuffisante. Raison car elle ne permet pas simplement d'extrapoler ce qu'il en sera sur des tirages papier de différentes tailles, même si après quelques tests d'impression on sait vite reconnaître ce qui sera perceptible ou pas sur papier. Tort car si j'avais seulement commenté des tirages papier, vous auriez dû me croire sur parole et faire confiance à mon discernement. Dans cet article, vous allez pouvoir construire votre propre opinion, et si vous désirez faire des tests d'impression complémentaires, je vous ai préparé des assemblages de crops que vous pourrez télécharger en fin d'article.
Dernière remarque : en tant que photographe de théâtre, je suis particulièrement sensible à la problématique du bruit à haute sensibilité. Tirer le meilleur de mes clichés, voire tout simplement les sauver, est pour moi un "combat" permanent. Je revendique une part inévitable de subjectivité dans mes commentaires, et j'accepte d'avance que l'on puisse avoir une appréciation différente sur les qualités et les défauts de tel ou tel logiciel.
2) Les logiciels de développement
Les logiciels capables de développer des raws étant désormais nombreux, et il a fallu faire des choix. Si certains étaient évidents, d'autres l'étaient moins.
En premier lieu on trouvera naturellement IDC 3.0, qui est la référence en matière de colorimétrie (le rendu IDC est par exemple très bon, ce que j'ai pu vérifier ayant à ma disposition les objets réels).
J'ai ensuite choisi les logiciels du commerce les plus utilisés dans le monde photographique : Lightroom 2.3, DxO Optics Pro 5.3.3, Capture One Pro 4.7, Bibble 5 (beta 1.1) et Aperture 2. Photoshop Elements ou CS4 ayant le même moteur de développement que Lightroom, tout ce qui est dit pour LR est valable pour Photohop. Paint Shop Pro aurait dû en faire partie, mais il ne prend pas encore en charge les raws d'Alpha 900.
A ces 6 logiciels, j'ai ajouté un éditeur bitmap que j'aime beaucoup et dont je suis depuis des années l'amélioration dans la gestion des fichiers raw : ACDSee Pro 2.5. A signaler que la version 3 promet d'être une petite révolution, j'en parlerai quand elle sera disponible.
Tous ces logiciels étant payants, avec des prix allant de 100€ à 300€, il m'a semblé nécessaire d'ajouter deux solutions gratuites (en plus d'IDC qui est offert avec le boîtier). J'ai choisi Raw Therapee 2.4 et Gimp 2.6 (associé au module UFRaw).
N'étant pas utilisateur de Gimp et travaillant sur PC, donc sans possibilité de faire tourner Aperture, j'ai "sous-traité" la production des rendus pour ces deux logiciels. Que mes deux coauteurs en soient ici remerciés ! :-)
Remarque : j'ai spécifié les versions de chacun des logiciels car les progrès peuvent être rapides. Je signalerai au fil du temps les évolutions majeures de ces logiciels pour les raws des boîtiers Sony, et je referai ce comparatif à intervalle régulier.
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